• Chapitre 4

    Ce mois de vacances est passé à une vitesse folle. J’ai fais un stage d’une semaine de tir au pistolet et je ne m’en sors pas trop mal… C’est mon dernier jour de vacances et, honnêtement, c’est la première fois que je suis aussi pressée d’être à la rentrée. 

     Les lumières UV s’allument lentement lorsque je descends pour prendre mon petit déjeuner. Ma mère est déjà assise à la table de la cuisine. Elle lève les yeux de son journal en m’entendant arriver… 

    -Bonjour Amy ! me dit-elle avec un sourire 

    -Coucou maman ! Où sont Amar et papa ? 

    -Ils sont partis tôt ce matin pour préparer la rentrée. Me répond-elle 

     Je m’assois à côté d’elle et entreprends de beurrer ma tartine de pain.  

    -Je vais être en internat ? je demande 

    -Oui… dit ma mère, à regret. Je l’ai coché dans ton dossier d’inscription, ce sera plus simple. La maison est trop loin de l’école Militaire, tu ne rentreras donc qu’aux vacances. 

    -D’accord…                     

     Je l’aide à finir la vaisselle puis je monte faire ma valise. La journée passe et je me sens de plus en plus anxieuse… « Demain… C’est demain… ». Je ne finis mes préparatifs que le soir… 

    *** 

     Le lendemain, lorsque mon réveil sonne à six heures, je sens une boule se contracter dans mon estomac. Je m’habille et descends en traînant ma valise derrière moi. La maison est calme, ma mère n’est pas encore réveillée. J’avance lentement dans l’obscurité du salon et cherche à tâtons l’interrupteur puis je m’assois dans le canapé. Une petite boule de poils me saute sur les genoux et s’installe dessus en ronronnant.  

     Clochette se roule en boule, bien calée contre mon ventre, et je la caresse. Son petit corps chaud aux poils soyeux est agréable à toucher. Sa fourrure noire et brillante est aussi douce que de la soie. 

     Nous restons ainsi durant un bon quart d’heure. Ma mère descend en traînant des pieds, à peine réveillée, le visage ensommeillé et les cheveux en bataille.  

    -Bonjour Amy… me dit-elle en baillant. Tu es déjà prête ? 

    -Oui… je réponds. Tu as bien dormis ? 

     Elle me répond que oui et se dirige vers la cuisine. Je l’entends tirer une chaise pour s’assoir et elle me crie depuis cette pièce :  

    -Tu as mangé ? 

    -Oui… Je marmonne 

     En réalité, la boule que j’ai au ventre m’oppresse l’estomac et me coupe l’appétit… Si je mange, je sens que je vais vomir… 

     Ma mère se prépare pendant que je m’occupe de Clochette. Nous sommes prêtes à l’heure. Je dis au revoir au chat et monte dans la voiture à la suite de ma mère. Je me retourne pour regarder ma maison s’éloigner en me disant que je ne la reverrai pas avant trois mois… 

     Il y a des embouteillages énormes sur la route. Tout le monde fait sa rentrée en même temps alors c’est le branle-bas de combat ! 

    *** 

     Ma mère me fait un signe de la main et remonte dans la voiture. J’entends le moteur redémarrer et le véhicule s’éloigne dans un nuage de poussière. 

     Je me retourne et fais face à l’immense bâtiment de béton gris. Il est triste mais il y a des végétaux partout, ce qui l’égaie un peu. Il y a de grandes baies vitrées un peu partout et il ressemble plus à une sorte de building qu’à un bâtiment militaire. Il est entouré de grands jardins, de terrains de sport et d’un immense terrain constitué d’une sorte de bassin, d’une partie pleine de sable et d’une troisième pleine de… Boue. Beurk ! 

     Je ne comprends pas l’utilité de tout cela mais je sens que je le saurai bientôt. 

     Un petit groupe s’est formé autour d’un homme de grande taille, à la carrure imposante et qui parle d’une voix forte et autoritaire.  

     Je m’approche et rejoins l’attroupement. L’homme est visiblement en train de faire l’appel. 

    -Anaya Dair ! s’écrit-il 

    -Présente ! répond une fille blonde 

     Elle s’avance et rejoint l’autre moitié du groupe. L’homme continue et arrive enfin à mon prénom. Il marque une pause et fronce les sourcils… 

    -Amy… Kaay ? 

     Ma voix tremble et mes jambes se liquéfient lorsque je sens son regard peser sur moi. Je réponds : 

    -Oui… Heu… Présente… 

     Je m’avance en tentant d’adopter une attitude digne mais je ne cesse de penser « pourquoi il me regarde comme ça ? Qu’est ce que j’ai ?? » tandis qu’il me regarde d’un air étrange. 

     Il se désintéresse enfin de moi lorsque j’ai rejoins l’autre moitié du groupe et continue l’appel. 

    -June Steave. 

    -Oui ! 

     Une fille de mon âge, comme tous les autres d’ailleurs, s’avance, absolument pas timide comparément aux autres. 

     Elle est grande, musclée et, contrairement à nous tous, elle a le teint mâte. Je suis surprise car c’est plutôt rare.  

     Elle a un carré plongeant et lisse. Ses cheveux sont d’une couleur rouge sombre et elle a de magnifiques yeux gris, un peu en amande. Elle vient se placer à côté d’une autre fille. Elle a été appelée un peu avant moi et je crois me souvenir Christina… Christina Iney. 

     Elles ont l’air de se connaître toutes deux se mettent immédiatement à bavarder joyeusement. 

     L’homme qui faisait l’appel relève la tête et nous dit :  

    -Bien ! Tout le monde est là… C’est parfait. Je me présente, je suis Jeck. Je suis instructeur ici et je m’occupe du tir à armes à feu. Maintenant, suivez-moi ! 

     Il entre dans le hall de l’école et ouvre une porte se trouvant sur sa droite. 

    -Nous avons aménagé cette salle pour les petits nouveaux comme vous… Vous allez mettre vos affaires dans le compartiment qui vous est assigné puis vous ressortirez pour une visite du bâtiment. 

     Je cherche donc mon casier dans lequel j’arrive à peine à faire rentrer ma valise. 

     Je ressors de la salle et heurte de plein fouet Christina. Elle se retourne et me regarde en riant. 

    -Désolée ! Je suis vraiment désolée !! 

    -C’est rien ! dit-elle. Tu ne m’as pas fait mal ! Alors, tu es nouvelle toi aussi ? 

    -Oui ! Je suis Amy ! Amy Kaay… 

    June, qui est à côté de nous, intervient. 

    -On sait… Jeck t’as regardée bizarrement quand il t’a appelée… Au fait, moi c’est June… 

    -Et moi Christina ! complète cette dernière 

      Une fois que tout le monde est là, Jeck repart à travers des dédales de couloirs. Il s’arrête devant une grande porte métallique à double battants. 

    -Voici le gymnase. dit-il en ouvrant la porte 

     C’est une immense salle au sol de parquet et aux murs blancs impeccables. Il y a une grande baie vitrée qui donne sur les jardins sur le mur de droite et des équipements sportifs très sophistiqués.  

     Contre le mur de gauche, des tapis de course sont alignés face à des écrans sur lesquels défilent des paysages différents… Ils ressemblent à l’idée qu’on se fait de la Surface… 

     Face aux baies vitrées, il y a des sortes de vélos sans roue et dispersés un peu partout, il y a des sacs de frappe, des bancs de muscu et d’autres équipements très modernes. 

    -Ce gymnase, ou salle de sport, appelez ça comme vous voulez, est ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! nous dit Jeck. Vous pouvez y aller quand vous voulez. 

     Il se dirige vers la porte du fond et notre petit groupe se remet en marche. Derrière la porte, il y a une grande piscine intérieure au bout de laquelle s’alignent des plongeoirs.  

    -La piscine d’entraînement est également toujours ouverte mais la nuit, il n’y a aucun maître nageur alors évitez de vous noyer s’il vous plait… Je le regarde, surprise. Notre guide n’a pas l’air de plaisanter… 

     Un garçon lève la main. 

    -Heuuu… Il y a des vestiaires ?  

     Jeck lui répond que oui et il ressort afin de nous les montrer. Ils se trouvent juste en face de la salle que l’on vient de quitter. 

    -Dans ces vestiaires, il y a des casiers pour mettre vos affaires mais aussi des douches, donc ils ne sont pas mixtes… dit Jeck 

     Il nous montre ensuite la salle des armes, les salles de tir, les salles pour les cours de sport, les salles réservées au lancé de couteaux… 

    -Ces salles sont réservées aux cours, elles ne sont donc pas toujours disponibles, nous explique-t-il. Vous avez aussi interdiction de vous entraîner sans moniteur. Si vous vous blessez ou que vous blessez quelqu’un, il n’y aura personne pour intervenir ! Même consigne pour la salle des armes. 

     Il nous montre ensuite des salles de « logique ». 

    -Les logithèques servent à élaborer des plans militaires. Ce sont des salles de cours mais celles avec des codes sur les portes sont des vraies avec de vrais plans d’attaque. 

     Il nous montre ensuite les dortoirs, les salles de bain, le réfectoire, les salles de repos, les terrains de sport extérieurs, le bassin… Bref… Tout le militairium, comme il l’appelle… 

     Des jardins, on voit la totalité du bâtiment. Jeck en profite pour nous montrer le dernier étage du doigt. 

    -Ce sont les bureaux. En tant que novices, vous n’avez pas le droit d’y aller sauf en cas de convocation. 

     Il nous montre ensuite l’étage juste en dessous. 

    -Et là, c’est pour les deuxièmes, troisièmes et quatrièmes années. Vous pouvez choisir un ou deux colocataires et louer un de ces studios. 

     Il se retourne ensuite vers nous et dit : 

    -Mais bon… Vous n’y êtes pas encore… Bref… Vous pouvez vous rendre au secrétariat afin de remplir de la paperasse et d’avoir vos emplois du temps… Des questions ? 

     June demande : 

    -Quand est-ce qu’on commence les cours ? 

     Jeck la regarde avec un sourire en coin. 

     

    -Dès demain…

    Chapitre 4

      


  • Commentaires

    1
    Dimanche 18 Mars à 14:02

    Tin ! Ça me rappelle de mauvais souvenirs ça ^^ ! Toujours assez prenant... qu'y a t-il à la surface ? J'ai du mal à m'imaginer tout le "Militarium" souterrain mais ça va venir ^^

      • Mardi 20 Mars à 18:57

        Ahah oui j'espère ! C'est vrai que je fais toujours beaucoup de descriptions physiques des perso mais pas beaucoup des décors, il faudrait que je revoie ça sarcastic 

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